mercredi 14 mars 2018

Icônes dacryogènes

La corde du mensonge est courte, assure la vieille sagesse des Arabes. Courte aussi, quand on parle de la guerre en Syrie, la vie des icônes que fabriquent l'industrie impérialiste du consentement et -pour reprendre une expression bien tournée de Bruno Guigue (1)- "les idiots utiles du « regime change »".

Il y a juste trois semaines, une vidéo "dacryogène" publiée sur Youtube a fait encore le tour du monde. On y voit une fillette du nom de Sondès, interpellant depuis son abri de fortune à la Ghouta orientale la conscience du "monde libre". Pleurs chauds et hauts cris entrecoupés de hoquets sollicitaient les d'Artagnan de ce monde d'intervenir pour sauver les enfants de la Syrie.

Et pas plus tard qu'hier, cette même Soundès est réapparue, cette fois-ci à la télévision syrienne et sous un autre jour, pour crier:" vive l'armée arabe syrienne et que Dieu préserve la Syrie!"

A peine née, l'énième icône(2) des contempteurs de Bashar se retourne contre ses producteurs. Comme pour Zainab al-Hosni, Omran Daqneesh, Amina Abdallah, et j'en oublie sûrement tant la liste est longue, ce nouveau tire-larmes concocté par les séides de l'impérialisme se révèle après coup contre-productif. Non seulement il s'est vidé de sa charge émotionnelle par l'icône devenue en quelque sorte "transfuge", mais il pourrait même désormais générer l'effet pervers d'un gaz hilarant.

Mon propos n'est pas de tourner en dérision le drame et les affres, réels, de tant de civils syriens en détresse, à la Ghouta ou ailleurs. Mais de crier haro sur l'écran de fumée qui cache, tronque, tord le cou à la vérité: le mensonge systématique organisé, occultant à chaque fois les véritables artisans du malheur syrien. 

Qui, de l'armée arabe syrienne et des groupes armés, tient à sa merci les civils de la Ghouta? Qui empêche ces civils d'être évacués loin des groupes armés? Qui les utilise comme otages, prises de bonne guerre, boucliers humains et monnaie d'échange pour une éventuelle capitulation? Voilà des questions que les pondeurs de ces vidéos de propagande instrumentalisant la détresse civile syrienne passent méthodiquement sous silence. On veut nous persuader que les groupes terroristes qui, en désespoir de cause, jouent le tout pour le tout afin de retarder autant que possible leur déroute certaine, ne sont pour rien dans la rude épreuve frappant les civils. Ici et en toute circonstance analogue, seuls le méchant Bashar et la non moins méchante son armée peuvent être pointés du doigt.

Ahmed Amri
14.03.2018

1- Je rappelle à mes chers amis tunisois que Bruno Guigue sera parmi nous du 19 au 21 mars courant et qu'il donnera une conférence en date du 19 à la Librairie copie (Ennasr Tunis) suivie d'une séance de dédicaces pour son livre "Chroniques de l'impérialisme et de la résisatnce" en version arabe.
2- Sur la fabrication d'icônes et le mensonge organisé en vue de donner aux puissances impérialistes un casus belli contre Bashar, le livre de François Belliot, Guerre en Syrie, dont je ne saurais trop recommander la lecture, fournit mille et un exemples amplement documentés et commentés. Ce livre est disponible en librairie, dans son édition tunisienne (ITRI, 2017)


lundi 5 mars 2018

Chroniques de l'impérialisme et de la résistance: préface de la version arabe (traduction)



L'Institut tunisien des relations internationales (ITRI) va sortir bientôt Chroniques de l’impérialisme et de la résistance, en version arabe (وقائع الإمبريالية والمقاومة). Il s'agit d'une belle anthologie d'articles de combat écrits par Bruno Guigue et traduits par Ali Ibrahim. Notre ami Dr Ahmed Manaï m'a très honoré en me confiant la signature de la préface. Dont je livre ci-dessous (pour Bruno et ses amis non arabophones) la traduction.


« Nous apprécions à juste titre ces voix libres et intrépides qui s’élèvent en France et ailleurs, dont celle du sous-préfet de Saintes. Et nous voudrions que les Arabes et les musulmans ouvrent les bras à ces voix, leur rendent l’hommage et l’estime mérités, et qu’ils œuvrent en même temps à se transformer eux-mêmes en force qui empêche l’Autre de les faire chanter ou leur faire du mal. »
[1]
                                       Mohammad Hussein Fadlallah, Beyrouth, 30 mars 2008                              
                          



A travers la présente édition des Chroniques de l’impérialisme et de la résistance en version arabe, l’Institut tunisien des relations internationales (ITRI) voudrait donner une poignée de main fraternelle à un intellectuel français de grande stature, une figure imposante de la lutte contre l’impérialisme et le sionisme. Cette poignée de main, et nous ne le dirons jamais assez, quelles que soient sa portée symbolique et la tournure des phrases qui veuillent la présenter ici, ne peut traduire à souhait la profonde gratitude dont nous sommes redevables à cet homme. « Nous », ce sont tous les Arabes et les musulmans conscients de la face cachée des conflits sur leur terre ainsi que dans le reste du monde, et ayant connu à travers ses écrits et positions Bruno Guigue, l’auteur de cette remarquable anthologie d’articles ici traduits.


Bruno Guigue a commencé son parcours d’écrivain depuis plus d’une vingtaine d’années, plus précisément au lendemain de la chute du mur de Berlin. Auteur engagé soutenant sans relâche les justes causes des peuples, il incarne à bon droit l’honneur français, la conscience rebelle d’une grande nation desservie par ses dirigeants, la voix libre qui, est-il besoin de le dire, fait défaut à la France officielle. Guigue est bien cela, sans fioriture aucune, qui a choisi de se positionner dès le départ à contre-courant de l’idéologie dominante, le bourrage de crâne impérialiste, la bien-pensance et les résistances doxiques d’un Occident imbu de sa civilisation ethnocentriste et de son mythe de monde libre. Sans tenir compte ni de l’inconfort d’un tel choix pour sa condition intellectuelle, ni –le moment venu- des éventuelles incidences, et non des moindres, sur sa condition de haut fonctionnaire d’Etat. Dès les primeurs de ses publications[2], tout en œuvrant à démonter la machine à décerveler des missionnaires du nouvel ordre mondial[3], il a fait de la cause palestinienne et des complots impérialistes ciblant le monde arabe l’axe principal de ses écrits. Et en dépit du lobby sioniste implanté à plus d’un niveau en France et en Occident en général, de ses pressions continuelles en vue d’empêcher la propagation de la pensée qui lui est hostile, et du vil chantage à l’antisémitisme[4], Guigue ne s’est pas écarté d’un iota de son engagement pour cette cause, restant incessamment debout, incessamment intègre, pour lutter avec honneur et vaillance contre les manipulations de l’establishment en Occident et l’imposture médiatique de la machine sioniste.                                                                                            



Rien d’étonnant, dès lors, à ce que cette machine s’évertue à marquer de la « lettre écarlate », dans son sens revu et mis à jour[5], Bruno Guigue. Comme elle l’a fait d’ailleurs, et ne cesse de le faire, à l’encontre de nombreux symboles de l’activisme et de la pensée antisionistes en Occident, en guise de châtiment frappant l’offense suprême des temps modernes, en l’occurrence le « blasphème » contre le sionisme. Quand nous disons « blasphème », il ne faut pas perdre de vue tous les supposés de ce mot tels qu’« impiété », « sacrilège », « profanation », etc., sachant que « antisionisme », dans l’usage courant des chiens de garde sionistes et des médias de manipulation et d’imposture qui leur sont dévoués, est devenu synonyme d’antisémitisme[6]. Et  comme cela se passait au tristement célèbre âge d’or du puritanisme, quand, en 2008, dans un pays qui se targue d’appartenir au « Monde libre » et ne manque jamais le coche pour faire la leçon à tel ou tel bled péchant à l’endroit de la liberté d’expression ou tout autre droit humain, Bruno Guigue a été démis de sa fonction de sous-préfet, cette sanction injuste, et indiscutablement arbitraire,[7] n’est plus ni moins qu’une incarnation du néopuritanisme qui s’est propagé en Occident depuis que la critique d’Israël est devenue le péché capital suprême.[8]   
                                      
Nous citons ci-dessous un extrait du texte publié par Bruno Guigue un mois à peu près après son éviction. Le lecteur averti ne manquera pas de capter à travers le non-dit la nausée de l’intellectuel et le cri percutant de sa révolte face à l’injustice discriminatoire, le deux poids-deux mesures incessamment dénoncé et toujours prévalent.
« [...]Au lieu de réfuter mes affirmations de manière factuelle, mes détracteurs préfèrent ainsi jeter l’anathème[...]Mea culpa : j’avais oublié que les comparaisons les plus désobligeantes, aux yeux de l’establishment hexagonal, sont interdites à propos d’Israël mais vivement recommandées à l’égard des pays du « Tiers Monde ». Mon principal tort, plus que d’avoir enfreint le devoir de réserve, n’est-il pas d’avoir heurté de plein fouet la doxa occidentale ? Après avoir mis en lumière le déni de réalité dont le discours dominant entoure les exactions israéliennes, il faut croire que c’en était trop. À mes dépens, j’ai fait la démonstration que la frontière entre ce qu’il est licite de dire et ce qui ne l’est pas, dans notre pays, n’a rien à voir avec le vrai et le faux. »[9]

Sur son blog en date du 8 octobre 2010, l’auteur de cette préface s’est demandé s’il fallait pendre ces intellectuels –dont Guigue- qui « n’endossent pas le prêt-à-penser sioniste », et ce, d’une part en raison du danger que représente leur pensée pour le sionisme, et partant l’entité sioniste elle-même, et d’autre part en raison du balai qui se retourne contre les apprentis-sorciers chaque fois que ceux-ci tentent d’exorciser l’irréductible pensée de ces intellectuels. « A un moment où les fédayins semblent pour la plupart sous terre ou sous les verrous, écrit-il, et la résistance armée palestinienne paraît neutralisée ou dissoute d'elle-même, le danger immédiat qui menace le plus les sionistes n'est plus tout à fait à l'intérieur de la Palestine occupée mais sur les frontières et au-delà. Certes, on lorgne incessamment du côté du Liban et, plus loin, de l'Iran dont la menace hante de façon obsessionnelle Israël. Mais on s'inquiète aussi de ces voix qui montent des pays amis. Le vent de la « sédition intellectuelle » qui souffle du Nord, faisant vaciller des mythes qu'on croyait inébranlables et menaçant de se muer en une véritable révolution culturelle se propageant dans le monde entier, est actuellement ce qui terrifie le plus les sionistes. »[10]

En vérité, Bruno Guigue a été sanctionné parce que sa voix, justement, participe de la « montée des périls » qui s’annonce en Occident, du cauchemar qui hante de plus en plus Israël. Quoique banni des médias « mainstream », et pour cause ! Guigue a déjà produit un « déclic de neurones » dans la conscience que les thuriféraires du sionisme veulent maintenir constamment tétanisée, à jamais otage des rentiers de l’holocauste et de l’antisémitisme en toc. Dans le cerveau continental, voire universel, tantôt aveuglément pro-israélien, tantôt totalement apolitisé en matière de questions proche-orientales, les écrits de Guigue ont incontestablement transpercé une barrière de séparation (pas moins bétonnée que le mur ségréga-sioniste en Palestine occupée). Et là où cette voix a pu parvenir, elle a incontestablement contribué non seulement à faire vaciller les mythes fondateurs de l’entité sioniste, dont le hocus pocus « antisémitisme » prononcé en tout lieu contre quiconque ose critiquer Israël, mais aussi et surtout à créer une nouvelle conscience révolutionnaire, à l’intérieur comme à l’extérieur de la France, dans la lutte des peuples pour un monde alternatif.


Dans cette lutte précisément, combien de plumes fourvoyées, ou fourvoyantes, se sont fait, chez nous ou en Occident, la tribune tonitruante de la pseudo-révolution syrienne ! Que n’a-t-on pas dit en guise de soutien au « vaillant peuple » soulevé d’un « seul bloc » contre le « méchant dictateur » ? Combien d’« amis de Syrie», au monde arabe et ailleurs, ont contribué à répandre ce monument d'imposture et d'ignominie[11], alors qu’ils savaient pertinemment que les pseudo-révolutionnaires de Syrie sont en fait les hordes mercenaires de la barbarie obscurantiste, des terroristes originaires de pas moins de 110 pays et répartis sur des centaines de groupuscules, tous, de Daesh à al-Nosra en passant par Ansar al-Charia, Jaich al-Fateh, Jund al Malahim, etc. frères de lait wahhabite. Et qui sont les apôtres, les mécènes, les promoteurs généreux de ces couteaux sacrés chargés de répandre au Cham la liberté et la démocratie? Voilà une question à laquelle nos voix amies de la Syrie ne sauraient assez répondre de gaieté de coeur.
Bruno Guigue

En vérité, si ces couteaux et les voix arabes qui les aiguisent avaient un atome d'intelligence, ils auraient compris de longue date qu'une "révolution" soutenue par les USA et Israël
[12] ne pourrait faire augurer rien de bon ni aux Syriens ni au reste des Arabes et des musulmans. Le seul bénéficiaire de tant de sang arabe répandu (pour n'évoquer que tel aspect), est, hélas, Israël, le pyromane qui rêve de voir tous ses voisins à feu et à sang, et pour cent ans si possible.  
             
Parce que, à ce propos aussi, Bruno Guigue n’a pas failli un moment à son soutien des justes causes de nos peuples,  qui n’a jamais dissocié ce qui se passe en Syrie de ce qui se mijote dans la cuisine commune de Washington et Tel-Aviv, qu’il n’a cessé de souligner l’intime rapport entre l’avenir de la Syrie et celui de la Palestine[13], nous ne dirons jamais assez l’importance du rôle qu’il a joué pour éclairer l’opinion, tant à l’intérieur de son propre pays qu’à l’extérieur, dans le monde francophone mais aussi, grâce à une pléiade[14] de traducteurs et –sans exagération aucune- une myriade de relais sur Internet, dans le reste  du monde.  
                    
A l’heure où nous rédigeons cette préface, nous apprenons que Bruno Guigue sera à Tunis, du 19 au 21 décembre 2018, sur invitation du Front Populaire. Nous ne pouvons qu’applaudir, en tant que forces progressistes d’un pays arabe, l’initiative prise par les militants du F.P. Et nous souhaitons que d’autres instances nationales, politiques, civiles, culturelles ou universitaires, invitent à leur tour cet intellectuel et lui rendent l’hommage qu’il mérite. Et tant pis pour les « amis de la Syrie », d’ici et d’ailleurs, et les cafards des BNVC, d’ailleurs et –éventuellement, sait-on jamais, d’ici aussi, s’ils trouvent de mauvais aloi cet appel ! A ceux-là nous voudrions dire haut: allez boire de l’eau de mer ! Bruno Guigue est notre voix, notre ambassadeur dans chaque tribune qui fasse écho à sa voix, notre conscience vivante et irréductible. De même qu’il est le cri incoercible de tous les indignés de la terre. Face aux jougs de l’exploitation, de l’impérialisme, de la culture déshumanisante et du mensonge d’où qu’il vienne.                            


Ali Ibrahim
Pour conclure, nous adressons nos plus vifs remerciements à M. Ali Ibrahim qui a traduit ces articles dans un arabe à la fois standard et châtié, n’enviant rien à l’éloquence du texte original. En vérité, ce traducteur syrien talentueux a réalisé un double exploit : il a traduit Guigue sans le moins du monde le trahir. Et d’une. Et de deux : il a su conserver intact l’aspect formel, stylistique et esthétique, du texte original. Et c’est une chose qui n’est pas toujours aisée -c’est le moins qu’on puisse en dire. D’autant que ce passeur de lumière, lui-même engagé dans la résistance de son peuple, n’a pas le loisir de prendre son temps. Ce qu’il fait depuis sa première traduction de Guigue, c’est un peu le travail d’un « correspondant de guerre » sur le front guiguien. De la traduction immédiate. Mais de bonne qualité. Ainsi a-t-il permis au lecteur arabophone de suivre avec bonheur les articles de Guigue au fur et à mesure de leur parution.   
                  
Ali Ibrahim est un universitaire et activiste syrien titulaire d’une licence ès langue et littérature françaises de Tishreen University (Université d’Octobre) à Lattaquié. Il a traduit de nombreux articles d’auteurs d’expression française et anglaise, dont le thème principal s’articule autour de la guerre en Syrie.  Ces traductions sont publiées sur le site orhay.net et sur sa page Facebook.

Ahmed Amri
5 mars 2018

Nouvelle page 1 في المكتبات: وقائع الإمبريالية والمقاومة (لبرونو غيغ) في نسخته العربية
En librairie: Chroniques de l'impérialisme et de la résistance (de Bruno Guigue) en sa version arabe



[2] - Aux origines du conflit israélo-arabe : l'invisible remords de l'Occident, 1998-1999-2002
   -  Faut-il brûler Lénine ?, 2001
   -  Proche-Orient : la guerre des mots, 2003

[3] Son titre « Faut-il brûler Lénine ? » constitue une incontournable référence en la matière : Guigue y répond aux inepties des nouveaux adeptes du concept hégélien de fin de l’histoire (dont notamment Francis Fukuyama aux USA et François Furet en France) qui voient dans la dislocation du bloc de l’Est la suprématie absolue et définitive de l'idéal de la démocratie libérale.                  

[4] Cette « arme d’intimidation massive » comme l’appelle l’auteur est incessamment démontée à travers une panoplie de procédés dont la puissance de frappe me semble plus persuasive que l’arme elle-même. Apprécions à ce propos la dissection qu’il en fait en plaçant le mot dans son contexte lobbyiste : « Mot sésame, mot magique, il dit tout, il condense en un éclair les affres du monde moderne. A peine proféré, il impose la circonspection et paralyse la pensée critique. Brandi comme une menace, il enjoint au silence, comme si quelque chose de terrifiant et de sacré était en jeu, condamnant chacun à surveiller ses propos de crainte de blasphémer. » 
Source :
  
[5] « Commune, l’adversité n’est qu’une tribulation légère » assure l’adage arabe (إذا عم البلاء خفت المصيبة). La marque d’infamie « antisémite » collée de nos jours à ses « élus » par ceux qui étaient contraints d’arborer hier l’étoile jaune n’est plus restreinte à la sphère non sémite traditionnelle mais elle s’est propagée pour toucher aussi des intellectuels juifs de la diaspora ou à l’intérieur même d’Israël.  Dans son édition électronique du 14.11.2012, le Monde a publié un article de Eva Illouz (traduit de l’anglais) sous le titre « Qu’on cesse de marquer les intellectuels juifs de gauche de la lettre A comme antisémitisme ! » L’auteure y écrit : « A l’instar d’Hester Prynne (l’héroïne du roman de Nathaniel Hawthorne, La lettre écarlate qui dénonce la religiosité rigide et intransigeante des puritains du XVIIe siècle), de nombreux intellectuels juifs contemporains sont marqués de la lettre d’infamie A : non pas A pour adultère (comme dans le roman), mais pour antisémitisme. Peter Beinart, Noam Chomsky, Judith Butler, Avi Shlaim, Shlomo Sand et, plus récemment, moi-même partageons le privilège douteux d’être traités d’antisémites par les membres de notre propre communauté ethnique et religieuse. Qu’avons-nous fait pour mériter ce qualificatif ignoble ? Rien de plus que d’avoir exercé le droit de réfléchir et d’évaluer de façon critique les réussites et les échecs de l’Etat d’Israël. »

[6] Le lecteur averti sait que le mot « antisémitisme », apparu pour la première fois en Europe en 1860, a été vidé de son sens initial pour devenir plus ou moins synonyme de « judéophobie ». Mais ce n’est pas tout à fait cette « judaïsation » sémantique du mot qui nous intéresse ici. L’opinion communément répandue qui fait de tous les juifs des sémites a été déjà assez bien démontée par Shlomo Sand à travers, notamment, les 3 « Comment » de son œuvre : « Comment le peuple juif fut inventé » (2008), « Comment la terre d'Israël fut inventée » (2013), « Comment j'ai cessé d'être juif » (2016). Citons encore deux petits extraits de Jean-Claude Barreau qui démontrent en quoi le sémitisme supposé de tous les juifs est un mythe. Le premier parle de Sharon : « Qu'y a-t-il de « sémite » chez un juif polonais ? Quand on pouvait voir l'un à côté de l'autre à la télévision les deux ennemis irréconciliables qu'étaient Sharon et Arafat, il sautait aux yeux, sans faire aucunement de « racialisme », que le plus sémite des deux n'était pas celui qu'on eût pu croire ! Sharon était un gros Polonais et Arafat un parfait sémite; leur apparence était à l'opposé de leurs dires ». (Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Israël, Jean-Claude Barreau, éd. Toucan, 2010, p. 107) Le second : « la plupart des juifs d'Israël, à l'exception des Yéménites, des Irakiens et des Syriens, ne sont pas des sémites... L'ironie de l'histoire, ironie tragique, c'est que les Palestiniens sont certainement beaucoup plus sémites que les ashkénazes... nier la continuité ethnique entre les actuels Palestiniens et les juifs que les Romains ont dû laisser dans le pays est aussi du négationnisme » (ibid. p. 146)

[7] Pour rappel, cette éviction officiellement motivée par le non-respect du droit de réserve auquel les hauts fonctionnaires sont tenus est survenue au lendemain d’une « délation », ou plutôt un aboiement de chien de garde sioniste sur RCJ (radio de la communauté juive) et relayé par France-israël.org, en réaction à un article de Guigue du 13 mars 2008, ayant fait date : « Quand le lobby pro-israélien se déchaine contre l’ONU» (voir traduction en p.15). L’aboiement délateur venait de Luc Rosenzweig (qui, au passage, juge mensongère la thèse du meurtre de Mohamed al-Durrah par l’armée israélienne). Incapable de produire le moindre argument pour contrer le texte de Guigue, il se rabat sur une vétille, le « torchon islamiste » qui publie Guigue et interpelle la ministre de l’intérieur à qui il adresse à demi-mot cet avertissement : « une telle diatribe, postée sur un site islamiste, est-elle compatible avec le devoir de réserve auxquels sont soumis les haut-fonctionnaires ? Évidemment non. Sa hiérarchie, en l'occurrence le ministre de l'intérieur a-t-il eu connaissance de l'activité littéraire de ce grand commis de l'État ? Si c'était le cas, un silence de sa part vaudrait approbation. » Ce que l’on peut reprocher à la ministre en question (Michèle Alliot-Marie) c’est qu’elle a cédé au chantage au lieu de faire preuve d’assez de courage et d’honneur pour objecter que le soi-disant droit de réserve, pour autant que sa légitimité puisse être reconnue (ce qui n’est pas le cas ici, vu le caractère discriminatoire de son invocation), n’engage pas un écrivain. Il est vrai que ni Alliot-Marie ni Sarkosy ne pouvaient s’inspirer, tant soit peu, du fameux « on n’emprisonne pas Voltaire » de De Gaulle. Mais leur facétieux droit de réserve subitement invoqué à l’encontre de Guigue, et sur l’instigation d’un cafard du BNVCA, n’a dupé personne.                      

[8] Au début des années 1980, le lobby pro-israélien aux USA a pesé de tout son poids financier et médiatique pour empêcher la réélection du sénateur et intellectuel Paul Findley pour avoir critiqué Israël. Vingt ans plus tard, ce même lobby récidive, sanctionnant de la même manière et pour les mêmes causes Cynthia McKinney, membre de la Chambre des représentants. Evoquant son épreuve à ce propos, Paul Findley écrit : « mon implication dans la politique du Moyen-Orient m'a valu l'infamie parmi de nombreux juifs américains et la triste notoriété en Israël. En 1980, je me suis trouvé la cible de la campagne congressiste la plus onéreuse dans l’histoire de l’Etat, lancée par les villes où se concentre l’activisme pro-israélien, mais loin des juifs locaux du centre d’Illinois, qui me connaissent et me font confiance. Grâce aux flots de dollars hostiles et drainés à la fois des zones côtières et de Chicago, je suis devenu « l’ennemi numéro un d’Israël », et la campagne en vue de barrer le chemin à ma réélection le souci majeur du lobby israélien. »                  
Source : بول فندلي: من يجرؤ على الكلام، ص.15و16، شركة المطبوعات والنشر، بيروت 2009                            
Paul Findly, They Dare to Speak Out: People and Institutions Confront Israel's Lobby, p.10, Lawrence Hill Books, 2003                 

[11] Sur les mensonges organisés, la propagande anti-Bashar et ses truquages, les faux charniers, les attaques chimiques sous fausses bannières et toutes les manipulations médiatiques à ce sujet, nous ne saurions trop recommander au lecteur de se rapporter au livre de François Belliot, Guerre en Syrie, Editions ITRI, 2017.

[12] « La meilleure manière d’aider Israël à gérer la capacité nucléaire grandissante de l’Iran est d’aider le peuple syrien à renverser le régime de Bachar el-Assad » : c’est ce que révèle un email de Hilary Clinton, datant vraisemblablement du 31 décembre 2012.                          
La même année, s’adressant à un islamiste emballé pour la belle cause de la « révolution syrienne », George Galloway exprimait comme suit son indignation : « Vous voulez nous faire croire qu’une révolution soutenue par McCain et Lieberman, par la Bretagne, la France, l’Amérique, Israël, l’Arabie et le Qatar, est une révolution pour le Bien et la justice ? Est-ce bien cela que vous me demandez de gober ? »                    

[13] « Imagines-tu ce qui se passerait si la Syrie et le Hezbollah étaient vaincus par cette alliance mortifère qui réunit Israël, les USA et les wahhabites ? Au lendemain de cette ultime reddition de la résistance arabe, je ne donnerais pas cher des Palestiniens. Et il n’est pas nécessaire d’être un expert pour comprendre que ceux qui soutiennent la “rébellion” en Syrie sont les idiots utiles de Washington et de Tel Aviv. »
Conclusion de « Brève réponse à un ami sur la Palestine et la Syrie » (voir p. 87).

[14] Le terme qui pourrait s’entendre hyperbolique par certains nous semble plutôt sinon réducteur, du moins pas assez fort pour donner une idée précise sur le nombre d’amis de Guigue devenus passeurs de lumière. Saluons ici quelques-uns des innombrables traducteurs qui ont transmis la pensée et le combat de Guigue en pas moins de 8 langues aux locuteurs natifs de celles-ci dans les 5 continents : Vanessa Beeley, Ollie Richardson, Angelina Siard, Estátua de Sal, Cristina Bassi,  C. Palmacci, Alejandro Sanchez, Nathalie Galiana, Caty R., Wala Said al Samarrai (ولاء سعيد السامرائي), Afra Al-Ali (عفراء العلي), Assia Skhiri (آسية السخيري), Alba Canelli, Beatriz Morales Bastos, Ali Ibrahim (علي ابراهيم], sans compter celles et ceux qui traduisent incognito, sous des pseudonymes divers ou encore sous le seul nom des sites qui les publient.

mercredi 12 avril 2017

السلام.. يانيس ريتسوس



حلم الطفل هو السلام
حلم الأم هو السلام
كلمات الحب تحت الأشجار هي السلام
الأب الذي يعود مساء والبسمة العريضة تملأ عينيه
وفي يديه سلة مثقلة بالثمار
وعلى جبينه قطرات عرق تشبه
قطرات الماء المتجمد في الإبريق الموضوع على النافذة
هو السلام

يانيس ريتسوس

حين تندمل الندوب على الوجه الجريح للعالم
وفي الفوهات المحفورة تغرس أشجار 
حين في القلوب التي فحمها الأتون
يعيد الأمل بشائر البراعم
ويكون بوسع الموتى الإسترخاء على جنب
والنوم دونما أدنى شكوى
 وهم على يقين أن دماءهم
لم ترق هدرا

السلام هو رائحة الطعام الشهية
وحين تتوقف مساء في الشارع سيارة
ولا يثير توقفها  أدنى خوف
وحين لا يمكن لقارع الباب  أن يكون غير صديق
وحين أيا كانت الساعة 
لا يسع النافذة أن تنفتح الا على السماء
 لتشع عيوننا كعيد بقناديل ألوانها البعيدة 

حين تتحول السجون لمكتبات
ومن باب لباب تدب أغنية في الليل
حين يبزغ من السحاب قمر الربيع 
ساطعا كالعامل وهو خارج مساء السبت
كأبهى ما يكون من محل الحلاق بالحي 
هو السلام
السلام هو أكوام الحصاد تشع في حقول الصيف
هو أبجدية الجمال على ركبتي الفجر 
حين تقول يا أخي غدا سنبني
حين نبني وحين نغني هو السلام

حين لا يحتل الليل من القلب غير حيز صغير 
و
بالأصبع ترسم لنا المواقد  مسار السعادة
حين يستطيع الشاعر والكادح على حد السواء
أن يستنشقا عطر القرنفل ساعة الأصيل
هو السلام

اخوتي ، في كنف السلام وحده نستنشق ملء الرئتبن
 الكون أجمع بكل أحلامه
اخوتي، أخواتي، كونوا اليد في اليد
ذاك هو السلام

السلام بصوت جان لوك ميلينشون

يانيس ريتسوس

تعريب أ.عامري

 2017- 04- 09

 








vendredi 7 avril 2017

في سوريا عدوان امبريالي مكشوف - بقلم برونو ڨـيـڨ

صواريخ توماهوك ضربت بالأمس مطار الشعيرات العسكري بسوريا على بعد حوالي ثلاثين كيلومترا الى الجنوب الشرقي من حمص، ولئن تصدر الحدث الصفحات الأولى من الجرائد الرسمية فإن العدوان العسكري الأمريكي ضد السيادة السورية ليس الأول إذ سبق أن قتلت القوات الجوية الامريكية 80 جنديا من الجيش العربي السوري في دير الزور بتاريخ 17 سبتمبر 2017. وهذا العدوان الجديد ما كان وليد الصدفة لأنه تزامن مع وجود الجيش الوطني بعيدا عن قواعده في مواجهة شرسة لهجوم داعشي.
في الإعادة إفادة ! فهذا القصف الجوي يمكن البيت الأبيض مجددا من إغاثة وكلائه الذين تعرضوا لعملية "فصل فص المخ الجبهي" وهم يحاربون لحسابه ضد سوريا والسيادة السورية. وإذ يضرب ترامب بطيرانه الجهاز العسكري السوري فهو يعرف أنه لا يغير شيئا من ميزان القوى غير أنه  يريد إذلال دمشق. يريد أن يبين أن بوسعه النيل من الأرض السورية حيثما شاء ومتى شاء حتى يعطي الإنطباع بأن دولة الأسد ضعيفة. ولئن بدا أن الجيش السوري وحليفه الروسي قد بوغتا هذه المرة فليس بالأكيد أن تتكرر المباغة في المستقبل.

لقد أتت مجزرة خان شيخون الكيميائية  تقريبا في الوقت المناسب لتعطي لترامب تعلة من ذهب وتسمح له باستعادة موطئ قدم في نزاع لم تجن منه واشنطن على امتداد أشهر طويلة سوى الخيبات. وتجندت وسائل الإعلام المطيعة لاستغلال النبرة التعاطفية مع ضحايا المجزرة على خير وجه حتى يتم تبرير العدوان ويحقق ترامب  ما كان يصبو إليه.

وكالعادة، لخدمة هذه العملية الدعائية يستطيع ترامب التعويل على الخنوع الهائل لوسائل الإعلام الفرنسية وقد حازت في هذا المضمار الخرقة الصهيونية التي تجرؤ على تسمية نفسها بــ"ليبيراتيون" (Libération) على قصب التلاعب العاطفي. 

غير أن القيعان الكاذبة للصحافة الباريسية تنسى  عنصرا دقيقا صغيرا: ليس هناك دليل، دليل واحد، يثبت إدانة دمشق. فحسب  السلط السورية والروسية الطيران السوري قصف مستودعا للذخيرة يحتوي على أسلحة كيمياوية تابعا للفصائل الإسلامية وهذا التفسير هو الأرجح سيما وأنه لدينا الحجة الثابتة بأن جبهة النصرة استعملت سابقا أسلحة كيمياوية وأن الترسانة الكيمياوية السورية تم تفكيكها تحت مراقبة الأمم المتحدة سنة 2014. وعلاوة على هذا، لسائل أن يسأل ما الداعي للجوء الحكومة السورية وبصفة مفاجئة لرش شعبها بالغاز ؟ لا فقط هذه التهمة لا أساس لها من الصحة ولكنها تعد أيضا إهانة للعقل السليم. ما من شك أن هناك ضحايا أبرياء في هذه الحرب غير أنه لو كان النظام السوري بستهين فعلا بمصير المدنيين لتم محو الرقة أو أدلب منذ زمن بعيد. وبالتالي فإن تحميل بشار الأسد مسؤولية هذه المجزرة لا معنى له بالمرة. هذا هراء، لا غير. وصحيح أنه بقدر ما يكون الهراء كبيرا تصبح الخدعة أسهل. فمثلما عرض كولن باول سابقا زجاجة تفاح تعرض سفيرة الولايات المتحدة  فى الامم المتحدة صورا، بحيث يعيد التاريخ نفسه، وسيستمر الخداع بلا هوادة طالما وجد أغبياء يصدقون إعلام الخداع.
ولأن حبل الخيال لا يقصر، فقد ابتكر بعض "الخبراء" حكاية بديلة: من أصدر الأمر بتنفيذ هذه المجزرة ليس بشارالأسد وإنما "الجناح المتشدد للنظام السوري". وما الداعي لها ؟ الجواب فرض حل عسكري لإفشال المفاوضات حول إنهاء النزاع وإبلاغ الروس أن صاحب القرار الأخير في الحل والربط هو هذ الجناح لا غير. ومن المعلوم أن وظيفة الصحافيين في "الفيغارو" تفرض بعض التنازلات لصاحب المؤسسة، غير أننا لسنا ملزمين باتباع جورج مالبرونو الذي يتبنى هذا الطرح حين ندرك أن هذا الأخير يكتب وفق بطاقة الخلاص ومصدرها.

إن هذا التفسير الغريب في الواقع ماهو الا تكرار لما كان يقوله بعض المعلقين بخصوص الهجوم الكيميائي الذي حدث في 21 أوت 2013 ونسب زورا لدمشق. فقد قيل أنذاك أن جنرالات سوريين  ربما كانوا من ارتكب تلك المجزرة بمبادرة ذاتية. ومن المزايا الدعائية لهذه الرواية أنها تعفي السيد الأسد من المسؤولية المباشرة وفي الآن ذاته تجرم "النظام السوري"، وهو ما يسمح بإنجاز العقد الصحفي من ناحية، ومن ناحية أخرى يعطي  لأصحاب هذا الطرح الإنطباع بانهم أذكى من عامة الصحافيين. وهو انطباع ليس بالصعب حين نأخذ بعين الإعتبار مستوى الغباء الذي وصل إليه بباغو القنوات التلفزية. غير أن هذا الطرح لا يرتكز على أسس أصلب ولا يزيد واقعية عن الطرح المذكور سابقا.

لقد أظهر تقرير مفصل صدر عن "معهد ماساتشوستس للتكنولوجيا" أن الهجوم الكيميائي الذي حدث في 21 أوت 2013 لا يمكن أن يأتي الا من من منطقة المتمردين وكان الصحافي المستقل سيمور هيرش قال الشيء نفسه بعد اجراء تحقيق شامل وما من شك أنه يتوجب انتظار النتائج التي ستفضي إليها تحريات مشابهة حتى يتسنى التعرف على حيثيات مأساة خان شيخون التي حملت الأبرياء مرة أخرى العبء الأكبر من حرب نفذت من قبل واشنطن وأذنابها. وحتى ذلك الحين، سيحاول الكاذبون المحترفون المستحيل لإيهامنا بأن لا أحد غير بشار وراء مجزرة  خان شيخون.

القصف الجوي الذي تم يوم 17 سبتمير 2016 كان آخر هدية من باراك أوباما لقاطعي الرؤوس. ويأتي قصف السادس من أفريل 2017 ليكون أول هدية من دونالد ترامب. باعتدائه على دمشق يظهر الرئيس الأمريكي أن لا شيء تغير في واشنطن والآمال التي أثارتها تصريحاته كمرشح جمهوري سرعان ما تبددت ليتضح الآن أنها كانت سرابا. فهذا العدوان الإمبريالي العلني يمثل نهاية لحلقة قصيرة من السياسة. مثل الآخرين، ترامب هو دمية في يد اللوبي الصناعي العسكري والولايات المتحدة هي الحرب. الحرب التي يتمعش منها هذا اللوبي، وستبفى الأمور على حالها طالما لم تتلق الولايات المتحدة الضربات الموجعة التي تعيدها لرشدها.     

  برونو ڨـيـڨ
تعريب أ.عامري
أفريل 2017


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برونو ڨـيـڨ Bruno Guigue
برونو ڨـيـڨ من مواليد 1962 بتولوز (فرنسا) هو مفكر ومحلل سياسي فرنسي وأستاذ فلسفة جامعي محاضر في العلاقات الدولية . شغل خطة موظف دولة سام في عهد ساركوزي وأقيل من منصبه لعدم تأييده للانحياز السركوزي لاسرائيل وعدائه للصهيونية. يكتب باستمرار في موقع أمة كوم 
ويناصر بلا هوادة القضايا العادلة للعرب والمسلمين وعلى رأسها قضية فلسطين ونضالات المقاومة في لبنان وسوريا.

له العديد من المؤلفات نذكر منها:
في جذور الصراع الإسرائيلي العربي:الندم الغير مرئي للغرب

Aux origines du conflit Israélo-arabe: l’invisible remords de l’Occident (L’Harmattan, 2002)

الشرق الأوسط وحرب الكلمات
Proche-Orient : la guerre des mots, L'Harmattan, coll. « Comprendre le Moyen-Orient », Paris, Budapest et Turin, 2003

أسباب العبودية
Les raisons de l'esclavage, L'Harmattan, coll. « Économie et innovation. Krisis », Paris, Budapest et Turin, 2002

هل يتوجب حرق لينين ؟
Faut-il brûler Lénine ?, L'Harmattan, Paris, Montréal et Budapest, 2001
اقتصاد التضامن: بديل أو حل مؤقت؟
Économie solidaire : alternative ou palliatif ?, L'Harmattan, coll. « Économie et innovation », Paris et Montréal, 2002



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